Dustin Johnson, le doublé historique après le chef-d'oeuvre ?

Il y a 1 semaine 14

Ils seront 88 jeudi à s'élancer sur le parcours le plus mythique des Etats-Unis, et peut-être même de la planète. On trouve de tout, à Augusta. Des anciennes gloires, présentes grâce à leur statut d'anciens vainqueurs, comme Jose Maria Olazabal, Ian Woosnam ou Sandy Lyle. Des débutants, plus ou moins prometteurs, un Français ambitieux, Victor Perez, et une petite trentaine de vainqueurs potentiels, en voyant large. Mais un seul tenant du titre, et un seul grand favori, qui ne font qu'un seul homme : Dustin Johnson.

Il y a cinq mois à peine, le numéro un mondial endossait pour la première fois la fameuse veste verte, lors d'une édition décalée à l'automne et dénuée de spectateurs, coronavirus oblige. Dans son bonheur, Johnson n'aura pas eu de chance : il n'aura gardé chez lui la célébrissime "jacket" que cinq mois, au lieu des douze habituels. Il ne s'en est pas offusqué en revenant en Géorgie cette semaine : "Cela ne m'aurait pas dérangé même si je ne l'avais eue qu'une journée."

Dustin Johnson

Crédit: Getty Images

Masters Tournament

L'ombre de Tiger Woods plane sur Augusta, terre de ses plus grands exploits

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Johnston est comme chez lui à Augusta

Le meilleur moyen de prolonger cette idylle vestimentaire, c'est encore de doubler la mise. Ce ne sera pas simple. Johnson est la cible et, dans la longue et grande histoire du Masters, seuls trois champions ont réussi le "back to back" : Jack Nicklaus (1965-66), Nick Faldo (1990-91) et Tiger Woods (2001-02). Un trio de prestige que Johnson aimerait transformer en quatuor pour ancrer encore davantage sa naissante légende.

L'animal en a les moyens. A Augusta, il est comme chez lui. S'il a attendu 2020 pour y décrocher sa première victoire, l'Américain joue toujours très bien ici. Absent en 2017, il a fini au pire dans le Top 10 lors de chacune de ses cinq dernières participations. 6e en 2015, 4e en 2016, 10e en 2018, 2e en 2019 et, donc, vainqueur l'an passé. En novembre dernier, Johnson n'a pas seulement gagné le Masters. Il l'a survolé, écrasé, en terminant avec une carte de 268, à 20 en-dessous du par. Un record.

Certains avancent que jouer le parcours d'Augusta en avril est beaucoup plus complexe qu'en novembre, non pour diminuer les mérites de sa victoire, mais pour relativiser la portée de son record. Reste que, sous la pluie automnale comme sous le soleil printanier, "DJ" a les cartes en main pour décrocher un deuxième Masters qui serait aussi son troisième Majeur. "Quand je joue mon meilleur golf, je sens que je peux battre n'importe qui", a-t-il prévenu. Et s'il a connu des difficultés relatives en ce premier trimestre 2021, notamment avec son putting, il frappe toujours aussi bien la balle. Difficile, a minima, de ne pas envisager qu'il soit encore une fois dans le coup pour la gagner cette semaine.

DeChambeau, Thomas, Rahm et les autres

Mais Johnson devra faire du Johnson pour bisser, car derrière le numéro un mondial, la meute des challengers s'annonce aussi variée qu'impressionnante, à commencer par la clique américaine. Bryson DeChambeau. Justin Thomas (revigoré par sa victoire mi-mars au Players championship, considéré comme le 5e Majeur). Ou le revenant Jordan Spieth, vainqueur le week-end dernier de l'Open du Texas, son premier titre depuis le British Open 2017. Le Masters est certes un autre morceau, mais le retour de Spieth pimente un peu plus la recette géorgienne.

La liste est loin de s'arrêter là concernant les chances US. Brooks Koepka, intenable entre 2017 et 2019 (quatre titres du Grand Chelem, mais pas le Masters), sort tout juste d'une opération au genou mais il s'estime malgré tout capable de briller à Augusta. Patrick Reed, vainqueur du Masters 2018, Xander Schauffele et peut-être plus encore Patrick Cantlay ont le profil idéal de dangereux outsiders.

Les Européens, eux, n'ont plus gagné le Masters depuis 2017 avec Sergio Garcia. C'est peut-être justement un autre Espagnol, Jon Rahm, qui incarne la meilleure chance du Vieux Continent. Malgré la naissance de son fils dimanche, la numéro 3 mondial sera bien présent, la tête peut-être un peu ailleurs, mais l'esprit assez libre. Rory McIlroy, lui, espère toujours accrocher à Augusta le tout dernier titre majeur qui manque à son palmarès. Il y a dix ans, le Nord-Irlandais avait dilapidé une avance de quatre coups le dernier jour. Un scénario qui le hante toujours.

Jon Rahm et Rory McIlroy à l'entraînement à Augusta, le 7 avril 2021.

Crédit: Eurosport

Retour du public

Mais le golf mondial ne se limite pas aux Etats-Unis et à l'Europe. Tout Augusta gardera ainsi un oeil très intéressé sur Cameron Smith. En novembre, l'Australien avait pris la deuxième place en accomplissant un petit exploit : quatre tours en moins de 70. Du jamais vu. Cela n'avait pas suffi à stopper l'infernale Dustin Johnson, mais le signal a été envoyé. D'autant qu'en deux participations, Smith a toujours fini dans les cinq premiers. Attention à lui, donc.

Outre le climat, l'autre grand changement que les joueurs trouveront au départ du premier tour jeudi concernera l'atmosphère. Après le huis-clos de 2020, cette édition 2021 sera marquée par le retour du public. Avec une capacité réduite, certes, mais tout le monde se réjouit de retrouver un peu d'ambiance. Les organisateurs n'ont pas annoncé combien de spectateurs seront autorisés, mais on évoque le nombre de 12 000 par jour, soit environ 25% de la capacité du site. Le grand retour du public va contraster avec l'absence, imposante, d'un des rois d'Augusta, Tiger Woods, convalescent après son grave accident de voiture en février.

Augusta, le temple du golf américain.

Crédit: Getty Images

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