Eric Rech (Aubagne) « Je suis très content de pouvoir offrir de la joie aux gens qu’on ne voit pas »

Il y a 4 jours 5

C'est historique, l'Aubagne FC d'Eric Rech s'est qualifié pour les 16es de finale de la coupe de France en éliminant l'US Lège Cap Ferret (2-2, 4-2 après TAB ). Les bucco-rhodaniens affronteront le Toulouse FC, club de Ligue 2, lors du prochain tour.

Vous êtes bien rentrés dans votre match, en menant 1-0 à la mi-temps ?

Lors du début du match, on a été gêné par le vent. Il y avait le vent contre nous, ce qui nous a pas empêché de poser le jeu face à une équipe bien organisée, qui a du talent. On a ouvert le score logiquement, on doit peut-être même mener 2-0 avant la mi-temps si on est un peu plus adroit par rapport aux situations qu’on s’est créées. 

Quel a été le discours à la mi-temps ?

En seconde période, je sentais les joueurs nerveux. Il y avait cette atmosphère, cet environnement.  C’est compliqué parce qu’il y avait du monde, il y avait bien 2000 personnes autour du stade avec des fumigènes. C’était quand même encourageant. Je pense que cela a été un peu difficile pour les joueurs. Ils étaient un peu nerveux parce qu’à force de leur répéter que c’est historique, de dire qu’on était jamais aller en 16es, tout ça. Le tout cumulé, j’ai senti un peu de nervosité à la mi-temps chez les joueurs, on a essayé de les restabiliser. Mais c’était émotionnel et cela a été difficile à gérer. 

Et puis vous encaissez deux buts au retour des vestiaires …

Ça s’est confirmé sur le terrain. On est mal rentré en seconde période. Cette équipe qui a continué à croire en ses chances. Ils ont égalisé sur un coup de pied arrêté. On fait un corner qu’on ne doit pas faire. Sur le corner, le défenseur central qui est athlétique met un beau but de la tête. Et puis, on n’a pas sur repartir à ce moment-là. On a un peu subi cette formation avec ce jeu très regroupé à la perte et puis très organisé sur la possession. Fort justement, ils ont mené 2-1. 

« On a deux gardiens de but magnifiques »

De nouveau, ce sont les changements qui ont fait la différence ?

Il a fallu à un moment changer quelque chose. J’ai fait rentrer deux joueurs. Deux changements rapides, qui nous ont apporté rapidement. Ils ont directement égalisé. Ce qui nous a remis sur le match. Là, je pense qu’avec un peu plus de réussite et un peu moins de nervosité, je pense qu’on aurait pu l’emporter avant la fin. 

Vous prenez d’ailleurs un carton rouge en fin de rencontre ?

Oui, en fin de match. Ça aussi, c’est de la nervosité qui n’a pas lieu d’être chez un joueur comme Najib Gandi. C’est un joueur qui a été professionnel. Il s’est excusé après auprès du groupe tout ça. Je pense que ça va lui permettre aussi de grandir et de se dire qu’au football, il ne faut pas sortir d’un match et garder son calme et son sang-froid. Après sur les penaltys, on a conforté ce que je pensais, et c’est mérité. 

C’est la deuxième séance de tirs au but après l’Athlético Marseille, la pression était-elle au maximum avec le monde autour du stade ?

Oui, c’est toujours terrible une séance de tirs au but. Surtout que c’était la deuxième, une semaine après. Ce qui est important, c’est qu’on les travaille. D’un autre côté, on a deux gardiens de buts magnifiques. Alex Berghout sort le premier et le deuxième le met à côté. Mais la semaine dernière c’était Samir Kouakbi qui a fait pareil. Donc, les gardiens de but on prit l’ascendant sur les tireurs. Nous, on en n’a pas manqué un. Quand on a un groupe qui ne se tétanise pas sur les pénalty. En deux minutes, on savait qui tirer. Je n’ai pas eu besoin de les chercher. Tout ça, ça fait un gros mental. Aujourd’hui si on est là, c’est grâce à ça. 

« le football sans supporter, ce n’est pas du football »

Cela devait être une belle fête à la fin de rencontre ?

C’était magnifique. De voir des joueurs concernés par ça, aller voir le public et les saluer. C’est ce qu’on voit un peu dans des grandes rencontres de club, en professionnel. On voit souvent cela lors des rencontres à forte émotion comme hier. Je pense qu’ils ont été respectueux du public qui les a encouragés, jusqu’au bout. Malgré la condition sanitaire, ils étaient quand même près de 2000 personnes autour, dans la ville. C’était magnifique.

Était-tu content de ressentir cette engouement dans la ville, avoir du monde autour du stade ?

Ah ben oui. C’est ce que je disais, aujourd’hui le football sans supporter, ce n’est pas du football. Hier, on a ressenti cela. J’étais 20 ans au centre de formation de l’OM, j’ai vu des supporters que je connaissais que je voyais quand on s’entraînait à la commanderie qui était déjà présent, et qui me disait : « Nous, on n’a pas de match aujourd’hui. L’OM on ne les voit pas. Là quand on vient à Aubagne, et qu’on voit ce match là qui nous fait vibrer et on retrouve un peu des sensations, on ne pouvait pas passer à côté. » Ils se sont emparés de cette possibilité qu’ils avaient de venir à Aubagne, pas loin du stade, pour pouvoir de nouveau vibrer et retrouver ces sensations. Cela me fait plaisir parce que je me dis qu’il y a toujours un public pour le football. 

C’est pour ce genre de moment qu’on joue au football ?

Et oui, c’est pour ça qu’on fait ce sport. C’est pour vibrer. Je veux dire que tout le monde est concerné, tous les bénévoles, ceux qu’on ne voit pas, le public, les joueurs. C’est des émotions qu’il y a longtemps que je n’avais pas vu. La dernière émotion la plus forte c’était quand on a rencontré Bastia il y a deux ans à Aubagne. On avait gagné devant 1500 personnes. On a retrouvé un peu hier ce qu’on a eu il y a quelques années.

« Tout ça c’est pour le monde qu’on ne connaît pas et qu’on ne voit pas »

Est-ce une fierté de faire honneur à votre président ainsi qu’aux bénévoles du club ?

Oui, moi je sais que c’est une fierté. Nous le staff et les joueurs, on travaille pour ça. Pour se créer des sensations, être bien sur les terrains et vivre ces moments. Mais là où je suis très content, c’est de pouvoir offrir de la joie à des gens qu’on ne voit pas. Tous ces bénévoles, tous ces gens qui sont là derrière, le public, toutes les personnes qui travaillent dans la logistique. Sans eux, on ne pourrait pas jouer. C’est compliqué de recevoir un 32es de finale à Aubagne. Dans ce contexte avec l’organisation des tests, etc… On a un secrétaire général qui se bat comme un petit diable pour faire en sorte qu’on n’ait pas de manque et qu’on ne soit pas en difficulté avec le règlement. C’est pour toutes ces personnes là que je suis content aujourd’hui. 

C’est une journée historique pour le club ?

En tant qu’entraîneur, je suis là pour ça. Je sais que le football ça va vite, c’est dans les deux sens, qu’il faut savourer. Mais donner de la joie à des personnes, qui nous envoient des photos. Le journal de ce matin, d’Aubagne où il y a marqué « Historique » en première page. Ce n’est pas tous les jours qu’on a ça. Tout ça c’est pour le monde qu’on ne connaît pas et qu’on ne voit pas. On garde notre humilité. Le football il faut travailler et bosser et on est récompensé quand on fait du boulot. Moi je fais du bon boulot avec le staff, on fait un travail magnifique avec le staff. On fait un travail magnifique avec tous ces joueurs-là, on a un bon groupe. Je remercie toutes ces personnes-là qui travaillent avec moi pour qu’on puisse avancer comme aujourd’hui.

Avec la reprise du championnat, la Coupe de France reste du bonus ?

Oui, le championnat reste la priorité. Nous, on ne perd pas de vue notre objectif. On en n’a pas encore vraiment parlé parce qu’on n’y ait pas encore. Mais je leur ai dit, lorsqu’on s’est arrêté le 30 octobre contre l’OM, on était premier ex aequo du championnat de N2 alors qu’on est promu. Je souhaiterais vivement qu’on puisse se remettre dedans quand on va reprendre contre St Priest 13 mars. Notre objectif majeur de la saison est de rester en N2 et de faire un bon parcours en championnat. Nous avons fait un bon parcours en coupe de France qui permet de nous rester en éveil sur la compétition. C’est bien tombé mais on ne perd pas de vue que la priorité est le championnat.

« Je pense que si on doit se faire éliminer, c’est par un club professionnel »

Que pensez-vous de votre prochain adversaire, Toulouse ?

Arriver en 16es de finale, on ne peut plus faire la fine à bouche. Il y a des gens qui m’ont dit qu’il y avait encore des amateurs et tout. Quand je vois le déroulement du match d’hier, je me dis qu’on aurait pu ne pas passer. On serait resté sur notre fin. On a fait un beau parcours c’est vrai mais si on éliminé par un amateur, ce n’est pas le jeu en coupe de France. Je pense que si on doit se faire éliminer, c’est par un club professionnel. Donc là, je suis bien entendu content du tirage, tout le monde dans le club est content du tirage. Comme j’ai dit aux joueurs, c’est là que j’aimerais voir si on est capable de faire partie de la coupe de France.  

Qu’est ce que cela va changer de se retrouver dans la peau de l’outsider ?

J’avais dis aux joueurs qu’on avait faits le boulot jusqu’à présent, on a évité les pièges, mais on n’a pas créé l’exploit, donc aller chercher l’exploit. Beaucoup de N2 se sont fait sortir par des clubs d’en dessous. Mais allez le chercher l’exploit. Ce tirage au sort contre Toulouse, à Aubagne, ça va être un bon test sur le plan athlétique, tactique, football mais surtout sur le plan mental. Qu’est-ce qu’on est capable de faire face à des équipes professionnelles ?

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