Florian Plantard (Châteaubriand) : « On vit ça intensément, mais de la manière la plus simple »

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Les cris de joie et les embrassades ont fait vibrer, hier soir, toute une ville. Châteaubriant et ses Voltigeurs sont allés toucher l'histoire du bout des crampons. Face aux Herbiers, finalistes de l'édition 2018, les hommes de Florian Plantard et Papy Leye se sont imposés sur la pelouse de leur adversaire (0-1). Un succès forcément à part. Rencontre.

Vous décrochez le ticket pour les 16es de finale pour la première fois de l’histoire du club, comment vivez-vous cette magnifique performance ?

Par rapport à ça, tout le groupe a un sentiment de fierté, c’est ce qu’on s’était dit avant la rencontre, avant même de participer à la Coupe. Notre objectif ? Nous voulons rendre les gens heureux tout simplement. Je pense que c’est ça qui ressort dans le sentiment général. On est un club heureux, on éprouve beaucoup de bonheur. On a reçu beaucoup de messages de soutien sur les réseaux. A travers ça, c’est une ville entière qui est représentée. Avec Papy, on travaille beaucoup tous les deux et on veut vraiment faire en sorte que les gens soient fiers et contents d’avoir pu suivre ce moment avec vous. L’idée c’est de partager ces émotions là. Ça a démarré depuis un certain temps mais c’est vrai que ce match reste historique pour nous, même si on a évidemment envie de continuer cette aventure le plus loin possible, on ne veut pas que ça s’arrête là. On a un véritable fil conducteur qui a été mis en place et qui a été suivi pour arriver jusqu’ici. On n’a pas fait plus que ce que l’on devait.

Avant cette rencontre contre Les Herbiers qui étaient finalistes en 2018, avez-vous ressenti un sentiment de méfiance vis-à-vis de cet adversaire qui est déjà allé au terme de la compétition ?

Pas de la méfiance, mais de la pression. Après, ce n’était pas de la mauvaise pression ou de la peur. Comme nous l’avons toujours fait jusqu’à maintenant, nous avons préparé ce match avec des exigences peut-être plus importantes car nous le savions, plus la compétition avance et plus le niveau s’élève. L’idée c’était donc d’augmenter le curseur sur toute la préparation, d’augmenter aussi le volume de travail. Il fallait absolument hausser son niveau par rapport à ce match-là, et c’est vrai qu’hier ça a été un match de haut niveau. Le rythme était très élevé.

Vous êtes donc encore en lice pour la prochaine phase de Coupe, vous allez affronter soit le FC MTsapéré soit le SO Romorantin, avez-vous déjà commencé à étudier les deux équipes ?

Pas du tout. On compte tout simplement préparer ces matchs là comme on a préparé les autres. On ne dérogera pas à ce qui a déjà été mis en place, et à ce qui sera encore mit en place. On a un fonctionnement précis, on restera dans nos habitudes, avec quelques certitudes bien sûr au niveau de l’organisation extra sportive. On ne sait pas encore qui on devrai affronter, mais on a tout de même martelé, on jouera où on le devra, on a aucune préférence.

C’est le moment tant attendu, les professionnels rejoignent la course. Certaines équipes amatrices ont déjà affaire à des clubs pros comme le Cannet-en-Roussillon (N2) qui affrontera l’OM ou encore Alès (N3) qui affrontera Montpellier. De votre côté, comment vous envisagez cette possibilité de rencontrer un club pro ?

Aujourd’hui, on a les pieds sur terre, on est pleins d’humilités et depuis le début on a toujours respecté tout le monde. On sait que ce ne sera pas évident mais la Coupe de France nous rappelle toujours à l’ordre. Comme c’est le cas à chaque tour. On sait qu’une équipe de R1 peut sortir une équipe de Nationale. Des clubs qui sont hiérarchiquement inférieurs peuvent sortir des clubs supérieurs donc on prend ça avec humilité, n’importe quelle équipe a sa chance mais nous restons humbles et consciencieux.

« Comme je dis souvent à mes joueurs, il n’y a pas de hasard dans le foot. »Florian Plantard

En dehors de la Coupe de France vous réalisez un très bon début de saison avec votre équipe, quel est le secret d’une telle constance ?

Cette constance, elle caractérise Chateaubriand. C’est un groupe qui travaille énormément pour en arriver là, à tous les secteurs. On sait ce qu’on a voulu construire, ça a été fait pierre par pierre pour arriver à bâtir quelque chose de solide, cette solidité va au-delà du terrain. C’est le groupe qui est très solidaire, on parle pas d’individualités dans le vestiaire, on parle toujours en « nous ». Tout le monde se fait confiance. Ça part de devant jusqu’au gardien, il y a un véritable travail d’équipe. C’est une histoire de groupe. C’est des choses qui sont pour nous, entraîneurs, très agréables. Pour nous c’est un honneur d’avoir un groupe qui répond de ça. On vit pour ce genre d’aventures humaines. On sait que si l’on veut bien figurer partout, il nous faut cet état d’esprit irréprochable. Comme je dis souvent à mes joueurs, il n’y a pas de hasard dans le foot. Il ne faut pas s’arrêter aux petits détails, tout compte. On essaie d’être minutieux dans le travail, nous avons mis en place des principes de jeu élaborés, chaque match on y rajoute quelque chose, on essaie d’améliorer le collectif, on essaie de revenir et de faire une évaluation à chaque fois du groupe, par rapport au match précédent. C’est un travail colossal qui est fait en amont.

Le retour du championnat de National 2 a été annoncé par le Comex de la FFF, est-ce que vous vous sentez soulagé après toute cette attente et cette pression ?

Bien sûr qu’on est soulagés. Le groupe est très content, l’important pour nous c’est que l’on puisse continuer à jouer au foot. Nous sommes très assidus avec les règles mises en place, on respecte les protocoles sanitaires, on se fait tester deux fois par semaine. Tout est mis en place pour que ça se passe bien, on essaie d’appliquer toutes ces règles. J’étais déjà assez optimiste, je trouve que c’est une bonne chose que ça reprenne. On s’oxygène l’esprit, le foot et le sport nous donne ça, dans une période compliquée on n’a pas envie de se prendre la tête, on prend ce qu’on nous donne et on respecte toutes les décisions.

Concernant le championnat, vous êtes deuxième de groupe A derrière Saint-Pryvé Saint-Hilaire avec 16 points, quel est l’objectif du club actuellement ?

Pour le moment, on ne va pas se projeter, ça sera la conséquence de tout ce qu’on aurait réussi à faire. Actuellement il faut rester dans l’état d’esprit de groupe, et de continuer à avancer car le futur est imprévisible. Aujourd’hui on a des joueurs qui sont là mais demain on ne sait pas. Le championnat se jouera avec tout le monde, avant le retour au championnat on va se consacrer à la Coupe de France. Pour la reprise on accueillera Saint-Malo à la maison, on essaiera d’être prêts pour gagner nos matchs. On essaie d’inculquer cette culture de la gagne, on est des compétiteurs, on a toujours envie de se mettre des défis, on n’est jamais rassasié.

La direction du club a joué un grand rôle, tout le staff également, la ville de Châteaubriant aussi a été derrière vous durant ces moments importants, qu’est-ce que vous ressentez par rapport à ce soutien général ?

Il y a une satisfaction pour le président du club, Joseph Viol, qu’on ne mentionne pas assez, Papy Leye avec qui, les stratégies de club ont été discutées et mises en place. Nous aussi on s’est tracé une ligne conductrice et on s’en tient. Un petit clin d’œil au Maire, Alain Hunault, qui nous a accueillis hier soir et qui était très fier de cette qualification car lui aussi il attendait ça depuis un certain temps, et à Xavier Hunault, ancien grand joueur des Voltigeurs à qui je rends un profond hommage.

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