Escrime - L'équipe de France d'escrime attend désespérément le retour des compétitions

Il y a 4 mois 27

« On ne sait pas », « c'est la grande inconnue », « on est dans le flou total ». À la question de savoir quand aura lieu la prochaine compétition internationale d'escrime, personne n'avait la réponse dans les rangs de l'équipe de France ce mercredi à l'Insep.

« L'escrime est un sport rythmé par les compétitions, en temps normal ça n'arrête jamais », soupire Lionel Plumenail, entraîneur des fleurettistes. Pourtant, ses protégés n'ont plus goûté à la compétition depuis le 23 février 2020, en Égypte pour les hommes et en Russie pour les femmes. « Le fait de ne pas en avoir depuis presque un an maintenant ça peut être perturbant mentalement pour certains. On sent que ce n'est pas évident pour tout le monde de rester motivé », constate le champion olympique par équipe à Sydney.

Compétitions internes pour casser la routine

Pour garder les troupes mobilisées et casser la routine, plusieurs compétitions internes ont été organisées ces derniers mois. « Ces journées nous permettent d'avoir des objectifs précis de temps en temps, pour ne pas avoir l'esprit "100 % compétition" alors qu'il n'y en a pas, cela serait contre-productif », précise Pauline Ranvier, vice-championne du monde en 2019. « Le matin des compétitions, certains en avaient carrément mal au ventre ! », dénonce malicieusement le fleurettiste Meddy Elice, sans donner de nom.

Après deux semaines de vacances, les tireurs de l'équipe de France ont retrouvé l'Insep lundi 4 janvier. Ce mercredi, les fleurettistes et les épéistes avaient rendez-vous avec leurs maîtres d'armes pour des leçons individuelles tandis que les sabreuses s'adonnaient à une séance physique sur des vélos.

« Jusqu'au mois de décembre, j'ai vraiment bossé mes points faibles mais maintenant on entre dans une deuxième phase où l'objectif est d'être à un niveau maximal à la fin du mois de mars », détaille Maxime Pauty, champion d'Europe et vice-champion du monde par équipe de fleuret en 2019. L'objectif du mois de mars n'est pas anodin. En théorie, la première compétition internationale post-covid devrait avoir lieu à Budapest à la fin du mois de mars.

« Onsait où on veut les emmener, mais pour certains c'est très compliqué. On s'entraîne pour quoi ? »

Emeric Clos, manager de l'équipe de France de fleuret

« Le problème, c'est que finalement les Hongrois ne veulent pas organiser la compétition », regrette Emeric Clos, le manager général des fleurettistes. Le staff doit donc encore trouver le moyen de faire patienter le groupe. « On sait où on veut les emmener, mais pour certains c'est très compliqué. On s'entraîne pour quoi ? », s'interroge Clos, avant de poursuivre. « On essaye de diversifier au maximum les entraînements, qu'ils soient physiques, collectifs ou individuels. »

« Malgré tout, on les sent plus engagés depuis la reprise, apprécie Lionel Plumenail. C'est intéressant parce qu'ils sont plus râleurs, plus dedans. Pour les remettre dans le bain, on est sur une période intense d'entraînement afin d'organiser une grosse compétition en interne qui devrait avoir lieu à la fin du mois de janvier », annonce-t-il. « C'est mieux que rien », martèle-t-on près des pistes. En attendant mieux.

publié le 7 janvier 2021 à 11h00

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